Mis à jour le

31/07/2025
3 erreurs qui nuisent à la biodiversité

On va parler ici de prévention en montagne avec des actes qu'on a tous pu faire ou presque sans avoir réellement conscience de l'impact ! L'objectif ? Ne pas culpabiliser, mais prendre conscience que ces actions nuisent à la biodiversité. Une meilleure connaissance du milieu permet de ne pas reproduire ce genre d'erreurs. 😊

Voici trois erreurs que beaucoup d'entre nous ont déjà commises, moi y compris !

Erreur n°1 : Jeter des déchets organiques en montagne

trognon de pomme

"C'est naturel, ça va nourrir les animaux ou se décomposer rapidement !" Cette pensée, nous l'avons tous eue en jetant un trognon de pomme ou une peau de banane dans la nature. Pourtant, quand on y réfléchit bien, il n'y a rien de logique.

Je m'explique :

  1. En altitude, les conditions climatiques ralentissent considérablement la décomposition. Une peau de banane qui disparaîtrait en quelques mois dans votre jardin peut persister entre 1 et 3 ans à 2500 mètres d'altitude. Le froid, le manque d'oxygène et la pauvreté en micro-organismes décomposeurs transforment nos "petits gestes naturels" en perturbations visuelles et écologiques.

  2. Ces déchets organiques peuvent aussi modifier le comportement de la faune locale. Un animal qui découvre soudainement le goût d'un fruit exotique dans un environnement où celui-ci n'existe pas naturellement peut être attiré par cette nouveauté (miam miam du sucre !) Il s'aventurera alors loin de son territoire habituel à la recherche de cette nouvelle source de nourriture, perturbant ainsi son cycle de vie. Il va se fatiguer pour finalement mourir pour rien.

  3. Ces déchets organiques peuvent aussi donner des maladies aux animaux. En effet, ce n'est pas leur nourriture naturelle et leur corps n'est pas fait pour manger des épluchures de clémentines qui, en plus, ont sans doute été traitées. 

Les deux dernières raisons expliquent aussi pourquoi il ne faut pas donner à manger aux animaux en montagne.

Vous comprendrez bien que jeter une peau de banane en Martinique ou un trognon de pomme dans un verger n'aura pas les mêmes conséquences que de le faire en montagne : parce que ce n'est pas adapté au milieu naturel. En montagne, ces déchets organiques n'ont naturellement rien à faire là !

Solution : Rapporter tous ses déchets, même organiques.

Erreur n°2 : Se baigner dans les lacs d'altitude

L'eau cristalline d'un lac de montagne après une longue journée de marche… La tentation est grande ! Il n'est pas interdit de se baigner dans les lacs de montagne sauf réglementation locale spécifique, mais c'est fortement déconseillé pour protéger ces écosystèmes fragiles.

Ces lacs de montagne magnifiques abritent des écosystèmes d'une extrême fragilité. À ces altitudes, la saison de croissance ne dure que 4 à 5 mois contre 9 à 10 mois en plaine. Cette courte période laisse peu de temps aux organismes aquatiques pour se reproduire, grandir et constituer leurs réserves.

C'est pourquoi il est important de ne pas se baigner dans ces lacs.

Lacs d'altitude avec végétation

Impact sur la biodiversité des lacs alpins

Même en se contentant de tremper les pieds, les passages répétés de tous les randonneurs fragilisent les berges. Ces zones peu profondes et plus chaudes servent de refuge et de nurserie à de nombreuses espèces : batraciens, invertébrés et végétation. Quand nous piétinons ces sols spongieux, ils se tassent et perdent leur capacité à retenir l'eau, compromettant la survie des plantes et organismes qui en dépendent.

L'eau trouble perturbe le cycle naturel

Nos mouvements dans l'eau remuent les sédiments du fond. Cette vase en suspension réduit la pénétration de la lumière, ralentissant la photosynthèse des végétaux aquatiques. Le phytoplancton, maillon essentiel de la chaîne alimentaire, s'en trouve directement impacté.

Pollution chimique des écosystèmes montagnards

Nos produits corporels, crèmes solaire, savons, même "écologiques", introduisent des substances étrangères à ces milieux isolés. Plus préoccupant encore, nous pouvons transporter des virus comme le ranavirus, particulièrement dangereux pour les amphibiens de montagne déjà fragilisés par les conditions d'altitude.

Notre baignade peut ainsi avoir des répercussions au-delà du lac lui-même. En effet, l'eau de ces lacs ruisselle ensuite vers les vallées, alimentant les sources utilisées par la faune sauvage et le bétail. Avez-vous envie de retrouver des substances chimiques de crème solaire dans le lait et la viande que vous consommez ?

Solution : Ne pas se baigner dans les lacs d'altitude et privilégier la toilette de chat écologique loin des points d'eau.

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Erreur n°3 : Couper les sentiers en randonnée

Face à des lacets en montagne, qui n'a jamais été tenté de "couper" pour gagner quelques minutes ? Cette pratique, apparemment anodine, est pourtant destructrice pour la biodiversité montagnarde. La problématique principale est de piétiner toute la faune et flore qui s'y trouve.

Rester sur les sentiers balisés pour ne pas en créer d'autres

Pourquoi ne pas couper les sentiers en montagne ?

Impact sur la faune et la flore 

Chaque pas hors sentier écrase des plantes alpines qui ont parfois mis des années à s'établir. Ces végétaux, adaptés aux conditions extrêmes, croissent lentement et se reproduisent difficilement.

De même, les petits insectes qui s'y trouvent ne survivront pas à la semelle de vos gros sabots… Des chercheurs polonais ont démontré qu'il y a environ 1,2 millions d'insectes qui meurent piétinés sur les sentiers de leur pays. (cliquez ici pour lire l'étude). Alors si on peut éviter d'en massacrer davantage, restons sur les sentiers ! 

Érosion et instabilité des terrains

La création de sentiers annexes par l'homme provoque une érosion accélérée. En montagne, où les pentes sont souvent importantes et les précipitations intenses, l'eau de ruissellement emprunte ces nouveaux passages, creusant progressivement des rigoles qui peuvent évoluer en véritables ravines.

Avec le réchauffement climatique, les phénomènes d'instabilité des terrains s'accentuent. Chaque zone de végétation détruite représente une perte de cohésion du sol, augmentant les risques de glissements et d'érosion.

Respect des propriétaires et autres usagers

Chaque sentier appartient à quelqu'un, particulier ou collectivité. Emprunter les chemins balisés montre notre respect envers ces propriétaires et les professionnels qui travaillent en montagne : éleveurs, forestiers, guides. N'oublions pas de refermer portes et barrières, surtout dans les zones pastorales où il y a des troupeaux.

Solution : Rester sur les sentiers principaux.

Erreur n°4 : Faire trop de bruit en montagne

Essayons de préserver la tranquillité des espaces naturels. Imaginez entrer dans une église en criant, ça serait déplacé. Eh bien c'est un peu la même chose en montagne. 

Les cris ou la musique forte perturbent non seulement les autres randonneurs mais aussi les animaux de la montagne.

Laissons-nous bercer par les vrais sons de la montagne : le bruissement du vent, les chants d'oiseaux et le flot des torrents. Et si vous souhaitez écouter de la musique, mettez vos écouteurs 😉

Fleurs de montagne

Leave No Trace : une philosophie à adopter

Ces erreurs communes nous rappellent l'importance d'adopter une approche respectueuse en montagne. C'est exactement l'esprit du mouvement "Leave No Trace" (Ne laisser aucune trace), qui propose des principes simples pour minimiser notre impact sur les milieux naturels.

Cette philosophie encourage à planifier sa sortie, marcher sur les surfaces durables, gérer correctement ses déchets, respecter la faune et la flore, et laisser les lieux dans un état meilleur qu'à notre arrivée.

La montagne nous accueille généreusement et nous sommes de plus en plus nombreux à aimer randonner. À nous de lui rendre cette générosité en préservant sa beauté et sa biodiversité. Car chaque geste compte, et ensemble, nous pouvons faire la différence sur nos sentiers bien-aimés !


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Créateur de Montagne en Trek. Passionné de sport et de montagne.
C'est en randonnée itinérante en autonomie que je me sens le plus libre.
Je crois que chaque sortie en nature est une occasion unique de se reconnecter avec soi-même, de repousser ses limites et de s'émerveiller devant la beauté des paysages !

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